Regarde les Hommes tomber

Regarde les Hommes tomber
Film de Jacques Audiard, avec Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz et Jean Yanne, 1993.


Simon, vieux représentant, retrouve Mickey son meilleur ami, et l'aide pour l'une de ses affaires. Mais, resté dans la voiture, Simon entend des coups de feux, monte voir et retrouve son ami baignant dans le sang. Plongé dans le coma, Mickey écoute jour après jour les paroles de Simon, qui décide finalement de partir à la recherche du meurtrier de Mickey.
Ailleurs, Johnny, jeune paumé, rencontre Marx, un vieux clochard qui le prend sous son aile pour lui apprendre la dureté de la vie.
Lors de ses recherches, Simon est amené à porter ses doutes sur Johnny et Marx...



Sorti en 1993, Regarde les Hommes tomber à de quoi surprendre le public, en effet, comme tous les films d'Audiard, Regarde les Hommes tomber contient de nombreux éléments excentriques, propres au cinéma d'Audiard.
Dès le début, Audiard met le spectateur en condition en faisant appel à une voix off féminine, qui suit les aventures de Simon tout au long du film, en nous donnant les différentes étapes de ses investigations.
Le film parle donc de quatre hommes, tous différents, se retrouvant mêlés à la même histoire, pour des raisons différentes, l'une est la vengeance, l'autre le besoin d'argent, une autre n'en est pas une... Audiard mélange les caractères et les histoires pour nous montrer la réalité de la vie, et les "tourments" masculins de tous les jours.
C'est ainsi que sont réunis à l'écran trois acteurs magistraux, à savoir Yanne, Trintignant et Kassovitz. Ce dernier le plus jeune, interprète un jeune homme paumé se reposant sur l'expérience des plus vieux, qui, devant sa tête de chien battue, se sentent obligés de le protéger. Yanne, vieux représentant bourru se lance désespérément à la recherche des tueurs de son copain, n'étant plus rattaché à la vie que par cet ami justement, et enfin, Trintignant, vieux clochard à la jambe raide, qui se voit obligé de prendre un Kassovitz fort attachant avec lui.
Ces trois destins, différents, vont donc être amené à se côtoyer...
Audiard utilise la nuit et les appartements sombres pour filmer la vie de ses hommes, peu de paroles, peu de musique, tout est silencieux et sans vie, à l'image de ces trois êtres complètement perdus dans les rouages de la vie.
Dénonciation d'une société qui souffre du manque d'aide et du manque d'argent, Audiard signe là son meilleur film, un film magistral, à l'ambiance insupportable de vérité et de tristesse. Un film sur la misère des hommes.

Note: 17/20
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# Posté le lundi 16 juin 2008 04:52

Déjà Mort

Déjà Mort
Film d'Olivier Dahan, avec Benoit Magimel, Romain Duris, Zoé Félix et Clément Sibony, 1998.


Laure, jeune femme très jolie, rencontre Andréa, un jeune paumé, qui lui propose d'appeler des mecs de Nice, qui montent une agence de photos pornos. Laure est bien décidée à percer dans ce milieu et se voit bientôt proposer un rôle dans un film porno...


Film coup de point lorsqu'il est sorti, Déjà Mort est bien vite devenu un film noir, culte sur les milieux riches et la drogue. Véritable dénonciation du milieu porno et, en parallèle, des trafics de drogues le long de la Côte d'Azur, ce film est certes violent, mais très efficace: on en ressort bouleversé, ou plutôt anéanti.
En effet, Dahan filme une bande de jeunes, d'un côté les fils de riches qui s'ennuient et s'occupent en produisant des films pornos, d'un autre, un gars et une fille paumés qui veulent adhérer à ce milieu, se faire de l'argent, être reconnu.
Déjà Mort livre une palette de personnages tous différents et pathétiques les uns les autres, mais ayant les mêmes occupations: Magimel épate en jouant un fils de riche accroc à la drogue dure et à l'alcool, qui s'ennuie et voit graviter les autres autours de lui (certes, ce rôle lui est souvent attribué, notamment dans la Fille coupée en deux de Chabrol), mais il révolutionne le genre en rendant son personnage attachant. Il interprète d'ailleurs le seul personnage attachant, avec également celui d'Andréa, interprété par un Sibony magistral, troublant, au destin tragique.
Film coup de point, desservi par de bons acteurs, même si Duris sur joue un peu son personnage, Déjà Mort offre une vision violente et réelle du monde porno. A voir!

Note: 15/20
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# Posté le jeudi 17 juillet 2008 13:50

Modifié le jeudi 25 décembre 2008 12:00

The Dark Knight

The Dark Knight
Film de Christopher Nolan, avec Christian Bale, Heath Ledger et Aaron Eckhart, 2008.


Gotham city, un nouveau bandit du nom de Joker entre au service de la mafia et à pour but de tuer batman. Fou à lier il utilise des méthodes étranges et sadiques et pousse batman à se découvrir pour sauver des vies...


The Dark Knight est sans aucun doute le film le plus attendu de l'été 2008, énorme blockbuster, la suite de Batman Beggins a tout pour plaire, de l'action, du frisson, et surtout, beaucoup d'argent en jeu. Mais, après l'annonce, il y a quelques mois, du suicide de l'une des vedettes du film, le très regretté Heath Ledger (Les frères Grimm, Brockback Mountain,...) on pouvait supposé que le fait que l'un des acteurs se suicident à peine le film terminé avait de quoi faire fuir le public, phénomène inverse, tout le monde se rue dans les salles.
En effet, la médiatisation de ce suicide a, en quelque sorte, permis au film de faire beaucoup d'entrées, et d'attirer les foules.
The Dark Knight, suite de Batman Beggins est, avouons le, plutôt bien, meilleur que les batman de Tim Burton et meilleur que Batman Beggins. En effet, Nolan signe cette fois un film noir, où les limites entre bien et mal sont repoussées, où tout converge en un même sujet: la folie. Folie incarnée par le Joker (Heath Ledger, remarquable), éternel ennemis de batman, mais folie complète qui dérange car elle dit a vérité et montre que tout le monde est fou, ou peu être amené à devenir fou. Il faut donc préciser que ce film est déconseillé aux paranoïaques qui pensent croiser un tueur à chaque coin de rue. Bref, le film nous offre donc une visions plutôt sombre du rôle de batman, qui, lui aussi, ne sait plus s'il fait le bien ou le mal de la population. Cette remise en question du statut de héros, celui de batman, mais également le terme héros en général fait la force du film. Loin du banal film d'action à succès, The Dark Knight, tout comme Spiderman 3 d'ailleurs, remet la légitimité de batman en question et démontre que le bien n'est pas toujours là on le croit.
Certes, à l'image du comic, le film reste très caricatural mais moins que le premier, pour notre plus grand plaisir. En parlant de comic, le film, très sombre, les jeux de lumières et de couleurs font ressortir cette ambiance du comic, ce qui apporte un plus supplémentaire au film.
Mais, la seule bonne raison d'aller voir ce film est pour voir la remarquable interprétation de Ledger, qui interprète un Joker fou, citant du Victor Hugo (référence au sourire de l'Ange), qui signe ici son plus beau rôle.
A voir.

Note: 14/20

# Posté le mardi 26 août 2008 11:31

Modifié le jeudi 25 décembre 2008 12:00

Orange Mécanique

Orange Mécanique
Film de Stanley Kubrick, avec Malcolm McDowell, 1972.


Alex est un jeune homme dont les principaux passe-temps sont écouter la 9ème symphonie de Beethoven et sortir avec son gang. Ce garçon dont la vie est rythmée par l'ultra violence se fait un jour enfermé en prison et accepte de participer à un programme lancé par un médecin pour supprimer la violence...


Ecouter du Beethoven peut-il rendre fou? Violent? A en juger par ce film oui, film dérangeant tant la violence y est présente, rythmée par la mélodieuse symphonie de Beethoven.
Orange Mécanique, sans doute l'un des films les plus connus, qui value sa grande renommée à Stanley Kubrick, est un film sur la violence. Dès les premières notes du film, nous nous retrouvons plongée en pleine nuit dans Londres, à suivre les péripéties du jeune Alex (MacDowell est remarquable d'audace), chef de gang, qui s'occupe en battant un clochard sous un pont. Devant une telle scène, on ne peut qu'être horrifié, âmes sensibles s'abstenir, la suite est pire. Mais ne vous attendez pas à un film à la Scarface, où le sang est répandu, où les hurlements fusent, non, Kubrick était plus futile, et c'est là toute la force du film.
Les scènes de violence sont montrées au ralentit, accompagnée par la mélodieuse 9ème symphonie, tantôt rajoutée en B.O., tantôt chantée par les personnages eux-mêmes.
C'est sur cet équilibre entre violence et musique que repose le film, est, surtout, la vie du jeune héros.
Le film est donc divisé en deux parties, une partie de violence pure, où le héros tue des gens, et une deuxième partie où le héros, transformé en mouton par les soins d'un médecin fou est aussi inoffensif qu'une mouche.
Kubrick nous montre une société en perdition, annonciatrice de nos problèmes sociaux et politiques actuels, une société violente, qui souffre, individualiste, où chaque être ne pense qu'à sa propre personne. Ce mal-être général est dénoncé, et le jeune Alex sert d'exemple, il sert de bouc émissaire, car toute société individualiste qui se respecte à un bouc émissaire, une personne à qui elle peut en vouloir. Bref, Kubrick, incroyable visionnaire, nous montre ce que sera notre société dans 50 ans.
Filmé dans des décors époustouflants, qui font d'ailleurs penser à ceux utilisé dans Shining quelques années plus tard, où les acteurs portent des costumes incroyables (référence notament aux coquilles portées par-dessus le pantalon) l'aventure du jeune Alex a suscité une polémique incroyable à sa sortie, Kubrick étant l'un des premiers réalisateur à montrer des scènes de violence, même si la musique les censure en partie.
On comprend aisément le succès de ce film. Et l'on comprend aisément pourquoi les Pink Floyd, qui avaient refusé de faire la B.O. du film, s'en sont mordus les doigts à sa sortie.
Un chef d'oeuvre.

Note: 19/20

# Posté le jeudi 28 août 2008 10:40

Les Chariots de Feu

Les Chariots de Feu
Film de Hughes Hudson, avec Ben Cross, Ian Charleson et Nicholas Farrell, 1981.


Londres, 1920, plusieurs étudiants d'une même université se trouvent un intérêt commun pour la course, et deux en particulier, Lydell et Abrahams, sont dotés d'un véritable don. L'un y trouve le moyen d'exprimer sa foi, l'autre, un moyen de refouler les préjugés xénophobes...


Les Chariots de Feu, film aux quatre oscars, reste un incontournable du cinéma tant pour sa beauté que pour le message qu'il véhicule. Ce film parle de performance, d'amitié, de croyance, de xénophobie, d'amour, en se servant du contexte des Jeux Olympiques de Paris de 1924. En effet, même si le but de chaque personnage du film est de gagner une médaille pour sa patrie, ils possèdent tous un deuxième but, qu'ils ne mettent pas forcement tous en exergue. Ainsi, l'un se sert de son don pour mettre sa foi en avant, un autre, riche, se sert de la course comme loisir, et un autre, le plus renfermé, se sert de son don pour sortir de son statut d'étranger.
Hudson signe un grand film, plein de beauté, d'amour et de moments forts, une merveille, accompagnée par le très célèbre air de Vengelis.
Une belle leçon de courage, qui montre que chacun peut aller et doit aller au bout de ses idées.

Note: 17/20

# Posté le vendredi 29 août 2008 05:03