Apparences

Apparences
Film de Robert Zemeckis, avec Harrison Ford, Michelle Pfeiffer et Joe Morton, 2000.

Le docteur Norman Spencer et sa femme Claire ont emménagé dans une maison de rêve au bord d'un très beau lac en Nouvelle-Angleterre. Claire commence à perdre les pédales le jour où sa fille part vivre sa vie et où de nouveaux voisins louches emménagent...


Harrison Ford est un habitué des films d'actions, comme Star Wars, Indiana Jones, il est donc difficile de le voir dans un pseudo film d'horreur. De même la belle Michelle Pfeiffer a déconcerté les critiques en acceptant ce rôle. Ces deux acteurs à l'affiche d'un film qui n'est d'habitude pas du tout dans leur registre a de quoi allécher les spectateurs. Pourtant, ce film est une véritable catastrophe.
Zemeckis a voulu faire original en démarrant son film avec une fausse histoire d'horreur laissée sans suite, plutôt décevant comme début: le spectateur est tenu en haleine par des plans rapprochés, les yeux exorbités de peur de Pfeiffer, et rien a la sortie.
Je ne m'attarderai pas sur cette critique, le film est long, lent, pas du tout angoissant ni terrifiant comme le laissait sous entendre l'affiche. Zemeckis retourne une histoire qui s'annonçait bien, du voyeurisme chez les voisins, un peu à la manière de Paranoiak, en banale histoire de fantôme, de vengeance, de tromperie.
Un film décevant qui ne vaut pas la peine d'être vu, porté par deux acteurs très en dessous de leurs capacités.

Note: 5/20
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# Posté le mardi 26 février 2008 05:58

Babel

Babel
Film d'Alejandro Gonzalez Inarritu, avec Brad Pitt, Cate Blanchett et Gael Garcia Bernal, 2005.

Quatre histoires différentes, dans trois lieux différents. Une touriste américaine est touchée par une balle de fusil au Maroc, tirée par un jeune garçon dont la famille est extrêmement pauvre. Une jeune japonaise, sourde et muette, mal dans sa peau essaye de sortir de l'ordinaire et cherche un petit copain par tous les moyens. Une mexicaine chargée de la garde des enfants de l'américaine blessée au Maroc doit se rendre au mariage de son fils, et se retrouve avec les enfants américains sur les bras.


Babel a plu aux critiques et a fait beaucoup d'effet au Festival de Cannes 2005. On comprend aisément pourquoi lorsque l'on voit le film.
Babel pourrait être classé dans la catégorie films d'actualités, brûlants, presque des reportages, un peu comme Blood Diamant ou le Cauchemar de Darwin.
L'historie est complexe, puisqu'il n'y a pas une histoire, mais quatre histoires, qui sont toutes liées par un mince fil, que le spectateur découvre au fur et à mesure. Inarritu a réalisé la performance de tourné son film dans quatre langues différentes enchevêtrées les unes dans les autres, en japonais, en anglais, en espagnol, en arabe, un vrai respect des différentes civilisations filmées.
En parlant de civilisations différentes, c'est là le but principal du film, nous montrer les différences et les fossés qui existent entre les différentes civilisations du monde entier, qui ne sont parfois pas éloignées du tout. Ainsi, Inarritu filme l'excentricité de la société japonaise actuelle, des pubs, des drogues, des personnes qui se marchent les unes sur les autres, un véritable débordement de modernité, qui contraste fortement avec le pauvre village marocain dans lequel atterri la riche touriste américaine après s'être fait tirée dessus. La misère du tiers monde est filmée sans pudeur, et fait prendre conscience au spectateur de la chance qu'il a d'habiter dans un pays totalement développé, et même surdéveloppé.
Une grande leçon d'humanité, un film coup de poing comme disent les critiques, mais une belle histoire de fraternité, et un espoir d'égalisation des chances.

Note: 16.5/20

# Posté le mardi 26 février 2008 06:18

Modifié le mardi 26 février 2008 13:04

Festen

Festen
Film de Thomas Vinterberg, avec Henning Moritzen, Ulrich Thomsen et Thomas Bo Larsen, 1998.

Pour fêter les 60 ans de Helge, toute sa famille et ses amis ont été conviés dans son manoir pour un grand festin. Au cours de la soirée, Christian, le fils aîné de Helge s'apprête à faire un discours en l'honneur de son père et de sa s½ur jumelle décédée un an plus tôt. C'est alors que Christian se met à révéler de terribles secrets....


Film acclamé à Cannes, Festen est un chef d'½uvre du cinéma d'auteur, et du cinéma en particulier.
Tout allait bien, jusqu'à ce qu'un fauve arriva et tua tout le monde, le film de Vinterberg fonctionne sur le même principe: un repas de famille tout ce qu'il y a de plus normal, un élément perturbateur (le discours révélateur de Christian) et un bouleversement sans précédent apparaît dans la tête de chacun: le doute s'est installé, le fauve est lâché, et ne quitte pas sa proie des yeux.
Vinterberg aime filmer les visages de ses personnages, il aime donner un sens à la moindre expression du visage de quelqun, c'est ce qui fait de ce film un film réel, proche des personnes qu'il met en scène. Cette intimité créée entre le spectateur et l'acteur a quelque chose de déroutant, surtout quand les personnages sont mis à nus, que l'on apprend leur véritable identité. Festen est un film dérangeant, Vinterberg joue là-dessus, sur la vérité qui dérange et la vérité révélée par le personnage principal est une vérité de plus en plus répandue de nos jours, c'est pourquoi ce film est véritablement dérangeant. Mais Vinterberg joue également avec les lieux, les différentes chambres, tantôt froides, tantôt chaleureuses, chacune en accord avec le personnage qui l'habite, les lumières sont également un élément important dans sa mise en scène. Rien n'est laissé au hasard, tout est pensé pour donner du caractère, et surtout, un caractère différent à chaque séquence.
Ce drame psychologique met en scène une famille bourgeoise danoise, très fermée, qui n'hésite pas à chanter des chansons racistes en présence du petit ami africain d'une des filles de Helge. Cette famille n'est pas heureuse, mais Vinterberg nous montre sa chute, le doute qui s'installe dans l'esprit de chacun, les conflits qui se créer, la destruction d'une famille est quelque chose d'horrible, et la façon de filmer de Vinterberg rend cette chute encore plus horrible qu'elle n'est déjà.
"On espère toujours que ça n'arrive qu'aux autres" dit l'un des personnages à un moment du film, cette famille d'aristocrate n'aime pas se sentir vulnérable, et Vinterberg montre que le malheur et les lourds secrets de famille sont à porté de tout le monde.
Festen a fait un véritable scandale lors de sa sortie au cinéma, mais reste un film incroyablement dur et poignant, un film dérangeant et mystérieux, qui montre que les secrets sont toujours mieux dehors que dedans.
Magnifique et pénétrant.

Note: 19/20
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# Posté le mardi 26 février 2008 08:01

Tout sur ma mère

Tout sur ma mère
Film de Pedro Almodovar, avec Cecilia Roth, Marisa Paredes et Candela Pena, 1998.

Manuela est infirmière dans un hôpital spécialisé dans le don d'organes. Le jour de l'anniversaire de son fils Esteban avec lequel elle vit seule, celui-ci se fait renverser par une voiture et meurt. Manuela décide de retourner vers les lieux de son passé...


Tout sur ma mère fait partie des films récents d'Almodovar, et s'inscrit dans la lignée de ses films parlant de femmes, et uniquement de femmes.
C'est bien, Almodovar a une obsession pour les femmes, présente au travers de presque tous ses films, notamment Kika, Volver, Parle avec elle ou encore Femmes au bord de la crise de Nerfs. Cette obsession est due selon lui, au fait qu'il ai passé toute son enfance entouré de femmes, ce film est d'ailleurs dédié aux femmes qui ont rythmés son enfance et sa vie. Le seul de ses films à briser le tabou est La Mauvaise éducation, qui ne parle lui que d'hommes, film qui est d'ailleurs quelque peu maladroit et qui prouve qu'Almodovar est plus alaise avec les femmes qu'avec les hommes.
Pour en revenir à Tout sur ma mère, Almodovar élimine la présence masculine dès le début, en tuant le fils de Manuela, de cette manière, il s'élimine du film, pour ensuite raconter l'histoire de ce point de vue, de son point de vue en quelque sorte. La mort d'Esteban traduit en réalité un changement de narrateur: Esteban mort devient Almodovar vieux qui raconte son histoire, et plus particulièrement celle de sa mère, ou tout du oins des femmes qui ont peuplé sa vie.
Ce film est l'un des plus personnels d'Almodovar, puisque celui-ci a avoué avoir raconter une partie de sa vie à travers les personnages de son film.
Parlons d'ailleurs de ces personnages, tous atypiques. Almodovar met en scène des femmes tourmentées, des hommes tourmentées qui n'ont de recours que dans le travestissement, thème également omniprésent chez Almodovar (La mauvaise éducation), qui traduit son mal-être et le manque de confiance en soit, Almodovar cache d'ailleurs souvent son identité derrière d'autres personnages très éloignés de lui au premier abord.
Tout sur ma mère est un apologue au courage des êtres tourmentées, des personnes qui peuvent paraître faibles au premier abord et qui se révèlent être finalement les plus fortes. C'est également un cri de guerre qui vise à laisser les personnes "différentes" en paix, un film qui vise à apaiser les esprits, à réconcilier hommes et femmes, Almodovar et son enfance. Une très belle histoire qui vaut la peine d'être vue et retenue.

Note: 17/20
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# Posté le mardi 26 février 2008 12:44

Pedro Almodovar, l'hommes qui filme les femmes

Pedro Almodovar, l'hommes qui filme les femmes
Né le 25 septembre 1949 à Calzada de Calatrava en Espagne.

Los Abrazos Rotos (Prochainement)
La Piel que habito (2007)
Volver (2006) (voir critique)
La Mauvaise éducation (2004)
Parle avec elle (2002)
Tout sur ma mere (1999) (voir critique)
En chair et en os (1997)
La Fleur de mon secret (1995)
Kika (1994)
Talons aiguilles (1992)
Le Labyrinthe des passions (1991)
Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier (1990)
Attache-moi ! (1989)
Matador (1988)
La Loi du désir (1988)
Femmes au bord de la crise de nerfs (1988) (voir critique)
Dans les ténèbres (1984)
Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ? (1984)


Almodovar est considéré comme l'un des meilleurs réalisateurs espagnoles de tous les temps. Cette homme a su donné à chacun de ses films une histoire différente, profonde, et n'hésite par à utiliser des éléments de sa vie pour apporter une plus grande sensibilité à chacune de ses ½uvres.

# Posté le mardi 26 février 2008 12:55

Modifié le jeudi 25 décembre 2008 12:06