Film des frères Wachowski, avec Keanu Reeves, Laurence Fishburne et Carrie-Anne Moss.
Thomas Anderson, grand pirate informatique, a du mal à dissocier le rêve de la réalité. Il se rend compte que quelque chose cloche dans le monde dans lequel il vit. La vérité lui est dévoilée le jour où un dénommé Morpheus lui propose de l'emmener dans le vrai monde.
Et si tout était faux? Et si le monde dans lequel nous vivons était fictif? Chaque être humain doute un jour ou l'autre du monde dans lequel nous vivons; mais ici, les frères Wachowski nous montrent que notre monde n'existe pas.
En effet, nous serions des humains amorphes, faits prisonniers par notre propre orgueil: les machines et leur intelligence artificielle. Le monde selon Matrix serait un monde en guerre perpétuelle contre sa propre création, création qui le mena à sa perte. Un groupe de résistants s'est alors former pour tenter de préserver la race humaine contre les machines. Ce film n'est certes, pas le premier à confronter l'homme à la machine, Terminator et Trun ont déjà aborder la question dans le passé. Mais ici, il s'agit de réalité.
Grande question que celle de la réalité de notre monde, car qu'avons nous comme preuves de notre existence? Si l'on en croit les frères Wachowski, les sens ne seraient même plus une preuve de notre existence, mais plutôt un moyen de nous détourner de la vérité: l'homme est esclave des machines.
Le synopsis se complique, car de grands auteurs comme Barjavel et Huxley ont déjà exploité l'impact que les machines ont sur nous. Mais la vérité est ici différente.
Le fantasme d'une vie rêvée prend vie sous la forme de programmes informatiques dictées à notre cerveau. L'espèce humaine, passée proie depuis longtemps, est endormie et "rêve" notre monde. Projet ambitieux que de faire avaler à un humain que sa vie n'est que pures connexions synaptiques sans le moindre vécu. Le héros, Néo, ne semble pas avoir de mal à avaler cette nouvelle réalité. Le public a plus de mal à gober cette vision du monde.
Cet ambitieux scénario tient la route, car même Freud n'a pu démontrer que le monde existait vraiment; les frères Wachowski peuvent donc tout imaginer.
Mais le film s'essouffle bien vite, trop vite: des scènes de combat, certes impressionnantes qui n'en finissent pas, des ralentis permanents qui gâchent le plaisir du spectateur; et, surtout, un héros stéréotypés. La matrice perd de son authenticité pour tomber dans le cliché, un Elu qui peut sauver et ramener la paix dans le monde. Ça ne vous rappel rien? Peut être le bruit des sabres laser vous aidera-t-il à trouver d'où vient cette impression de "déjà-vu"?
Mais en parlant de combat, notons que Matrix marque le début de l'ère numérique du cinéma, et de la course aux effets spéciaux les plus époustouflants possibles. De ce point de vue là, les Wachowski détiennent la palme d'or: les combats forment une petite merveille visuelle et numérique.
Le film regorge également de petites trouvailles croustillantes comme la possibilité de charger des programmes de combat et de pilotage, de passer des niveaux: le rêve de toute personne.
Matrix est donc un film innovant, et innovateur. Une manière d'envisager le monde tout autrement, une remise en doute de notre vérité, et pourquoi pas, la mise en place d'une nouvelle vérité? Keanu Reeves est ainsi devenu une star mondiale en acceptant la pilule rouge. Même si elle reste un tout petit peu en travers de la gorge.
Note: 14/20